
Célébrer l'eucharistie à Saint-Albert
Une recherche de foi vécue communautairement
Une communauté créative depuis 50 ans
Nous nous souvenons de Guy Lapointe
Legs liturgique de Guy Lapointe
La Communauté Saint-Albert-le-Grand se raconte par les bulletins Étapes de 1966 à 2011
Pour accéder aux archives de Silence Prière Musique CLIQUER ICI

Un ami qui participait à la Veillée pascale avec nous pour la nième fois m’a dit : « C’est la plus belle célébration de toute ma vie! C’était tellement beau! » Merci à la petite équipe de liturgie et à ceux et celles qui se sont joints à elle, ainsi qu’aux bénévoles qui sont venus leur prêter main-forte pour la logistique pendant les Jours saints. Merci également aux présidents fr. Raymond et Hubert. Merci aux musiciens et aux choristes qui ont enchanté nos célébrations.
Jeudi, 16 avril, à 18 h 30, dans notre église, aura lieu la rencontre de Silence, Prière, Musique. C’est un violon en solo qui soutiendra notre méditation. Les textes sont sur le site web de la Communauté et aux portes de l’église.
Dimanche prochain, 19 avril, aura lieu la rencontre des Chemins de foi. Elle aura lieu au Centre étudiant Dominicum, 5647 avenue Canterbury, de 9 h à 10 h 45.
Notre prochain repas communautaire aura lieu le dimanche 26 avril, après la célébration. Le thème proposé est « La vie spirituelle à l’école de Marie ». Notre invitée sera Catherine Aubin, religieuse dominicaine, docteure en théologie et professeure de théologie spirituelle et sacramentaire. Elle nous parlera de son parcours religieux, de ses travaux sur la vie spirituelle et de son livre Où es-tu Marie? Chercher le sens de sa vie avec Marie (2024).
Comme d’habitude, chacun apporte sa nourriture pour le repas. Dans un esprit communautaire, vous êtes aussi invités à offrir un dessert à partager. Café ou jus seront disponibles sur place.
Notre diocèse a lancé sa campagne annuelle avec le thème : Là où il y a la dignité, nous sommes là.
Je cite ici l’invitation qui nous est faite; pour le message intégral avec vidéo, cliquez ICI
Partout dans nos communautés, des hommes et des femmes sont présents chaque jour — accueillant, accompagnant et soutenant ceux qui sont seuls, fragiles ou en quête de sens.
Cette campagne va bien au-delà d'une collecte de fonds — c'est une invitation à témoigner et à faire partie de quelque chose qui se vit déjà, concrètement, à travers Montréal. De la pastorale jeunesse aux visites à domicile, de l'accueil des nouveaux arrivants à l'accompagnement de nos plus vulnérables — l'Église est là, au cœur des moments les plus humains de la vie.
Enracinée dans la joie du temps pascal, cette campagne nous rappelle que chaque personne est précieuse aux yeux de Dieu — et que faire vivre la dignité n'est pas seulement un appel, c'est un acte d'amour quotidien. Cet amour se vit dans nos paroisses, dans nos rues, dans nos foyers et dans le cœur de ceux qui choisissent d'être présents pour les autres.
Par votre générosité, l'Église catholique à Montréal peut continuer à être présente là où cela compte le plus — touchant des vies, faisant vivre la dignité et apportant de l'espoir à ceux qui en ont le plus besoin. Chaque don, quel qu'il soit, fait une réelle différence.
Ensemble, nous sommes là.
Prêt à participer? Le Christ ressuscité est présent parmi nous — et c'est grâce à votre générosité que cette présence prend vie dans le quotidien de ceux que nous accompagnons. La dignité devient plus qu'un mot : elle prend racine, donne vie et touche ceux qui nous entourent. Chaque don compte, et nous en sommes profondément reconnaissants.
Pour réflexion.
« La résurrection du Crucifié est la victoire divine non seulement de la vie sur la mort, mais aussi de l’amour sur la haine et sur la condamnation du juste innocent. Alors que les adversaires religieux pensaient avoir eu le dernier mot lorsque le tombeau fut obstrué par une pierre et scellé, l’ouverture de celui-ci symbolise le début d’une nouvelle aventure, celle de Pâques…
Aussi longtemps que les communautés chrétiennes restent fidèles à leur fondateur crucifié/ressuscité, elles sont vivifiantes et porteuses de nombreux fruits dans l’Esprit au service de l’humanité. L’histoire de l’église montre toutefois la difficulté de demeurer dans une ligne spirituelle pascale, surtout dès lors que les compromis de l’Empire romain, puis d’autres pouvoirs ont altéré sa liberté, sa capacité critique et sa créativité. Mais l’étincelle de départ est toujours là, prête à faire resurgir la lumière pascale. »
Focant, C., Le Ressuscité Figure d’une présence autre, Les Éditions du Cerf, 2024 p. 197 et 198
Michèle Beaulac
Présidente de la CCSA
secretariat@st-albert.org
Thomas ne voulait pas de cette foi-là, une foi cérébrale, une foi qui serait celle des autres, une foi qui ne l’engagerait pas totalement. Son appétit de croire était immense, mais on ne lui ferait pas avaler n’importe quoi !
Peut-être même avait-il le désir de toucher. Les musées et les galeries d’art en particulier véhiculent cet interdit : « Regardez mais ne touchez pas ! ». Qu’est-ce que cette tendance à vouloir toucher à une œuvre, sinon une expression d’appropriation, une volonté d’établir une relation ?
Quand Jésus était encore parmi les siens, les gens s’en approchaient, et plusieurs récits nous rapportent que les malades souhaitaient ne serait-ce que toucher à son vêtement pour obtenir la guérison. Toucher Jésus pour avoir part à la force qui émanait de lui. Le désir de toucher nous advient aussi pour nous convaincre que nous ne sommes pas dans l’illusion. De tous nos sens, le toucher serait le moins trompeur. « Pince-moi, je rêve! », dira-t-on devant une réalité incroyable, trop belle pour être vraie.
Thomas, très réaliste, avait assumé le désenchantement que représentait la mort de Jésus en Croix. Il n’était pas du genre à être dans le déni, ce qu’il aurait pu soupçonner chez ses confrères au retour de son escapade. Car, contrairement aux autres disciples, il a eu la santé psychologique de sortir de l’enfermement. Mais pour aller où ? Avec quelle résolution ? Sans doute dépité, il est revenu à la maison aux portes toujours bien verrouillées. Il avait une liberté en attente de déploiement.
Malgré sa vulnérabilité, Thomas se défendait de prêter foi à quelque espoir. Après sa cruelle déception, il n’allait pas se jeter dans les bras de n’importe qui. Le témoignage unanime des disciples « Nous avons vu le Seigneur! » ne l’a pas convaincu. Comment croire à la réalité de leur vision alors qu’à son retour, Thomas trouve les choses totalement inchangées : portes verrouillées, peur toujours présente. Enfermement mortifère. À sa place, n’aurions-nous pas eu une certaine inquiétude, n’aurions-nous pas davantage cru à un délire collectif qu’à un événement inédit que la raison humaine jugerait impossible ? Comment Thomas pouvait-il leur accorder quelque crédibilité ? La foi en point d’exclamation n’a jamais eu valeur de témoignage.
L’enthousiasme, délirant ou non des disciples, aura au moins permis à Thomas de verbaliser un désir qu’il jugeait parfaitement déraisonnable. C’est-à-dire, en rupture avec son univers familier, en rupture avec son jugement humain. Seule la folie de la croix permet d’accéder à la folie de Dieu. Blâmera-t-on Thomas d’avoir les deux pieds sur terre ? Surtout, n’était-il pas justifié de réclamer une expérience de foi qui remporte son adhésion ? De ne pas vouloir croire par personnes interposées ?
Très habilement, en deux tableaux parallèles, l’évangéliste Jean nous a présenté les deux faces de notre foi vécue en Église. Il a séparé ce qui, en réalité est pour nous indissociable : la foi de la communauté chrétienne dans son ensemble qui professe avec joie la Bonne Nouvelle du Christ ressuscité, et la recherche de foi d’un individu qui finit par se joindre à cette confession unanime. Il y a la foi, réalité qui porte sur une Révélation et une expérience, un témoignage, une tradition d’Église étalée sur maintenant plus de 2 000 ans.
Il y a ma foi, celle d’une personne humaine, insérée dans une société, ici, maintenant et que la Résurrection du Christ est venue rejoindre. Rejoindre dans toutes ses dimensions. Il y a la foi de la communauté célébrée dans la communion avec toute l’Église : notre foi, que nous avons à rendre aussi crédible que possible, en osant tous les questionnements, en posant les plus hautes exigences. En menant des vies en cohérence avec le don reçu. Recherche d’authenticité jamais achevée.
Notre communauté s’est constituée de la foi de chacun et chacune de ses membres qui en sont arrivés à la même reconnaissance du cœur que Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Les parcours des uns et des autres sont différents, mais se valident mutuellement. La communauté, en conférant le baptême, vient authentifier l’expérience de foi de ses membres qui, en retour, enrichissent son témoignage. Les deux voix se confondent en une même louange.
Dans son « Mon Seigneur et mon Dieu », il y a le redoublement de cet adjectif possessif qui dénote autant l’affection que l’appropriation. Toutefois, encore là, au-delà du sens littéral, la relation n’est pas fusionnelle : Thomas exprime la reconnaissance de deux identités distinctes et profondément reliées. Il n’a plus besoin de toucher. Dans la foi, distance et proximité s’abolissent. Toutes ses résistances sont vaincues, même s’il ignore le comment du pourquoi. Il croit. Il est en relation avec le Ressuscité qui a comblé son désir. Thomas est devenu croyant. Le Ressuscité l’a révélé à lui-même.
La foi des autres, Thomas y a eu accès. Elle est aussi sa foi, maintenant. Voilà le groupe des disciples unanimes dans son témoignage. La mission confiée par le Ressuscité les attend. Les portes de la maison peuvent s’ouvrir !