
Célébrer l'eucharistie à Saint-Albert
Une recherche de foi vécue communautairement
Une communauté créative depuis 50 ans
Nous nous souvenons de Guy Lapointe
Legs liturgique de Guy Lapointe
La Communauté Saint-Albert-le-Grand se raconte par les bulletins Étapes de 1966 à 2011
Pour accéder aux archives de Silence Prière Musique CLIQUER ICI
Le 4e dimanche de Pâques, 26 avril, les textes de la liturgie seront :
* Ac 2, 14a. 36-41;
* 1 P 2, 20b-25;
* Jn 10, 1-10.
Au repas communautaire dimanche 26 avril, nous recevrons sœur Catherine Aubin, dominicaine. Le thème de la rencontre sera « La vie spirituelle à l’école de Marie ». Elle nous parlera de son parcours religieux, de ses travaux sur la vie spirituelle et de son livre : Où es-tu Marie? Chercher le sens de sa vie avec Marie (2024) publié chez Novalis. Chacun et chacune apporte son lunch.
J’ai souvenir d’avoir chanté : « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau… » et de ce qui s'ensuivait. Pourquoi pas aujourd’hui un regard nouveau sur celle dont on a gardé peu de paroles et qui gardait cela dans son cœur?
Le dimanche 24 mai, notre communauté se réunit pour l’assemblée générale annuelle. Nous adopterons les états financiers de 2025, nous recevrons le rapport annuel de la présidente, et il y aura élection de la moitié du conseil de pastorale, soit six membres. D’autres informations vous seront fournies dans les prochains messages hebdomadaires. Le lunch et la réunion auront lieu au Centre étudiant Dominicum comme l’an dernier.
Sur la page Facebook de notre Communauté, Raymonde Martineau nous transmet un texte de Dominique de Villepin intitulé : Trump contre Léon XIV : Quand le pouvoir insulte la conscience. Je vous invite à le lire.
À dimanche,
Michèle Beaulac
Présidente de la CCSA
secretariat@st-albert.org
Le quatrième dimanche du temps pascal nous ramène immanquablement la parabole du berger et des brebis. Elle sera du goût des personnes sensibles à son charme bucolique. Pour d’autres, le thème qui implique un troupeau de gentilles brebis est un peu rébarbatif. Passe encore pour la tonalité rurale et campagnarde, mais l’image évoque trop fortement une vision « moutonnière » qui appartient à un âge révolu. Comment s’identifier à des brebis, l’animal le moins autonome qui soit ! L’équipe de liturgie a quand même gardé les « prés d’herbe fraîche ». Qui s’y opposerait? Les brebis y accèdent en franchissant la porte de l’enclos, autre métaphore qui intervient dans un récit déjà bien imagé.
Déjà, la première lecture des Actes des Apôtres vient lever toute équivoque d’un troupeau passif avec cette question « que devons-nous faire ? » qui implique un agir correspondant à l’Événement de la Résurrection. Pierre, en conformité avec les discours de Jean-Baptiste et plus tard de Jésus, propose à son tour une démarche de conversion, cette fois, en vue de la réception du don de l’Esprit. Une conversion pour se disposer à une vie nouvelle plutôt que de se détourner d'une ancienne conduite. La foi en la Résurrection suppose qu’il y aura un impact sur notre agir. Et pourquoi y en aurait-il un ? Le changement procèderait de la Lumière que projette l’Événement, de la présence qui anime la personne croyante. Nous ne voyons plus la vie de la même manière, notre action le révèle.
Mais revenons à nos moutons… qui circulent librement passant par la porte de la bergerie. Pour Jésus, c’est une image du salut : « Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. » Si la conversion était une « conversion pour », la liberté de circulation dont jouissent les brebis est orientée vers le pâturage. La parabole laisse entendre que nous aspirons tous à trouver ce vert pâturage, métaphore du bonheur à ne pas trop prendre au pied de la lettre, comme si nous n’avions que le désir de brouter en paix. Comment toute cette imagerie douçâtre peut-elle nous rejoindre dans le monde complexe et troublé qu’est le nôtre ?
Jésus, par sa Résurrection, nous assure de sa paix. C’est le souhait mainte fois formulée à l’endroit des disciples lors de ses apparitions, récits entendus ces derniers dimanches. Les brebis de l’enclos sont établies dans cette paix. Et cela malgré les dangers qui les menacerait si ce n’était de la présence du berger. L’ombre du voleur et du bandit enserre la parabole. Mais les brebis n’en sont pas inquiétées.
La brebis n’est certainement pas l’animal le plus intelligent et le mieux équipé qui soit. Elle se distingue par sa vulnérabilité. Mais n’a-t-elle pas aussi une caractéristique qui pourrait nous intéresser ? Sa docilité ? Non. Sa faiblesse ? Non. Mais sa quiétude nous ferait envie. Sa liberté aussi. Quiétude et liberté que lui procure le berger.
Sans un profond sentiment de sécurité, peut-on vivre librement ? Dans notre monde, l’espace de liberté semble constamment menacé précisément parce que les gens sont atteints dans leur sécurité. Ce sont les assauts des guerres, de la pauvreté, de la maladie. Les bandits et voleurs de notre temps savent jouer sur les cordes sensibles des populations. Ils agitent toutes sortes de menaces qui atteignent la liberté, liberté de circulation, liberté d’expression, liberté d’association, liberté intérieure. Nous voilà déshumanisés. Chacun, chacune, confiné dans son espace, dans son enclos.
Sécurité et liberté vont de pair. La sécurité comme condition de liberté, mais de façon perverse, le désir de sécurité ou la menace qui lui est faite vient brimer la liberté. Là-dessus, nos brebis sont exemplaires, voyez-les entrer et sortir ! Tout cela grâce à ce Jésus ressuscité, à la fois berger et porte.
La foi en la Résurrection peut faire de nous des personnes redoutables pour s’opposer aux « voleurs et aux bandits » auxquels la parabole faisait allusion. Le berger se dresse contre ces personnages maléfiques. Sa seule présence les éloigne. Et si la puissance de la Résurrection nous invitait à tenir dans notre monde un rôle comme celui du berger qui ouvre les espaces de liberté, de vert pâturages ?