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Communauté chrétienne St-Albert le Grand





 

 

Le corps en partage (A)

14 juin 2020 


Guy Lapointe

Puisqu’il y a un seul pain,   

la multitude que nous sommes est un seul corps (Cor. 10,17)

Que la mémoire des faits et gestes de Jésus ait été gardée et célébrée autour de l’expérience d’un repas ; que, d’une certaine façon, la pratique de l’Évangile ait culminé et continue de se vivre dans Guy Lapointele partage du pain et de la coupe, voilà qui doit retenir notre attention. À cet égard, la fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ inscrit, à sa façon, cette mémoire du Christ dans le geste du pain brisé et de la coupe partagée. Ce geste est soutenu par une parole de mémoire : « C’est mon Corps… c’est mon Sang ». Ce geste parle de l’attention et de la présence de Dieu au monde et du monde à Dieu. La mémoire de cet homme Jésus, qui a donné sa vie en partage, est apparue significative aux premières générations chrétiennes et, par la suite, on a refait ce geste chaque premier jour de la semaine, jour qui rappelle la résurrection de Jésus. Ce geste est devenu une convocation au cœur de l’accomplissement évangélique.          

La fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ est moins un temps d’arrêt sur la présence souvent figée du Christ que sur celle de la mémoire d’une vie donnée, partagée, qui nous invite à entrer dans cette mentalité, à prendre, à notre tour, le pain et la coupe. Tel est le désir de l’Évangile : prendre un peu de pain pour soi et partager avec les autres. C’est une présence qui « laisse passer » Dieu dans la mémoire du Christ, qui ouvre un espace pour l'Autre. N’est-ce pas la meilleure manière de « vivre la vie » dans la mémoire du Christ ?      

Célébrer la fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, ce n’est pas seulement affirmer notre foi en la présence du Christ dans l’Eucharistie. C’est entendre un appel à une présence qui n’existe en fait que dans le partage. C’est la qualité de cette présence et de cette préoccupation qui fait que les croyants découvrent le sens de la vie, le sens de l’amour, et pourquoi pas, devant les merveilles de Dieu en Jésus dans le monde. Un sentiment qui élève. Ne serions-nous pas habités alors par un sentiment d’adoration dans la mémoire du Corps du Christ que nous sommes et qui se donne à vivre dans le partage.