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28e Dimanche du Temps Ordinaire (B)

14 octobre 2018

Dieu seul est bon

Sagesse 7, 7-11.26

Marc 10, 17-27

Alain Ferron

Différentes avenues, différentes pistes d’actualisation peuvent se dégager du récit évangélique d’aujourd’hui : L’importance d’une pratique religieuse et morale droite, le danger des richesses ou bien comme autrefois d’interpeler par ce récit à la vie religieuse dans le sens traditionnel du terme.     

Prendre l’une de ces avenues, c’est risquer de passer à côté de l’essentiel soit la rencontre de quelqu’un, de celui qui croise ma route, qui me regarde avec amour et qui m’interpelle à sa suite pour prendre un chemin de liberté et de béatitudes, de bonheur.     

« Jésus posa son regard sur lui et l’aima. »       
Tout commence véritablement là en fait pour l’homme riche du récit de l’Évangile, pour chacune et chacun de nous. L’aventure de suivre le Christ, d’être son disciple débute avec l’expérience du regard de Jésus.  

Vous connaissez peut-être le chant de Noël Colombier « Le regard de Jésus ». Nous y trouvons au refrain : « Oh ce regard je ne l’oublierai jamais ! »  
C’est ce regard que les disciples Pierre, Jean Jacques et les autres, que Marie-Madeleine, Nicodème, la Samaritaine et l’homme riche ont rencontrés.         
Ce regard parfois de tendresse ou de compassion, de pardon ou d’admiration. Un regard qui révèle à la fois la bonté de Dieu et qui nous révèle à nous-mêmes. Un regard qui révèle que nous sommes créés pour le bien, le beau, le bon ; créés comme être de relation et de liberté.             

L’homme riche se perçoit et se dit « bon pratiquant », se reconnaissant comme ne faisant de tort à personne. Si c’est vrai, c’est déjà assez bien. Mais en vérité, qui peut dire qu’il n’a jamais fait de tord à personne. D’ailleurs, Jésus rappelle d’entrée de jeu que Dieu seul est bon. Que cependant, il nous convie à sa suite dans la liberté afin de s’engager à bâtir le Royaume de Dieu dans notre aujourd’hui et cela avec ce que nous sommes. Jésus révèle que le Royaume, que la vie éternelle n’est pas une récompense pour demain, elle est la vie avec lui, tout de suite et pour toujours. L’Évangile n’est jamais de l’ordre du mérite mais de celui du don, du don de soi.       

L’homme riche n’a pas encore découvert, n’a pas pris conscience, en fait, qu’il ne possède pas vraiment de richesse ou de grands biens, mais qu’il est possédé, qu’il est aliéné par ceux-ci. (Expérience du propriétaire du château en France : « On ne possède pas un château car toutes nos énergies, notre temps et notre argent y passent. On est possédé par celui-ci. »). C’est bien sûr au sens figuré, mais le risque est là réellement. Je pense à un père rendu en fin de vie qui disait à ses enfants que son seul regret c’est de ne pouvoir amener son argent avec lui…

Jésus nous invite à sa suite sur le chemin de la liberté ; de passer de l’avoir à l’être, de la possession au don de soi et à l’amour.    

Force est de reconnaître que nous sommes souvent bien incapables d’y répondre pleinement. Nous voyons bien les efforts que nous avons à faire pour ne pas rester prisonniers de nos différentes possessions : avoir, images de soi, certitudes, préjugés ou bien d’autres préoccupations. Nous sommes peut-être tentés de laisser tomber ou de nous distancer comme semble le faire l’homme riche – du moins pour un temps.       
Heureusement, Jésus nous encourage à ne pas désespérer, à ne pas se décourager car tout est possible à Dieu. Jésus les regarde et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »      
Le regard de Jésus se pose à nouveau sur chacune, chacun de nous et particulièrement avec bonté et compassion dans les moments de découragement. Il nous invite à sa suite pour que nous puissions nous aussi poser un même regard sur ceux et celles que nous côtoyons ou rencontrons. Cela devient une aventure qui demeure toute une vie et demande une vigilance constante.   
(Expérience de la rencontre de l’itinérant au métro du centre-ville : « Tu pourrais au moins me saluer ! » Après plus de 25 ans… cette rencontre, je ne l’oublierai jamais.)       

Au-delà de nos lenteurs, de nos résistances face à la liberté et l’amour ; demeurons confiant et plein d’espérance car tout est possible à Dieu et il demeure ce Père plein de bonté.     

Communauté chrétienne Saint-Albert-Le-Grand de Montréal