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Funérailles de Christiane Sibillotte

6 janvier 2018

1 Corinthiens 13, 4-8.12-13 

Jean 10, 10

Une immense croyante

Guy Lapointe

Ce passage de la lettre de s. Paul est une Parole qui a certainement soutenu les engagements de Christiane Sibillotte. Une femme d’action, qui aimait la vie, la vie en abondance. Une femme d’une grande intériorité, engagée, prête à lutter contre les pauvretés de toutes sortes. Elle est allée jusqu’au bout de sa vie, jusqu’au bout de l’amour. L’Évangéliste Jean nous le redit : « Moi, je suis venu pour que les humains aient la vie et qu’ils l’aient en abondance »,        

Guy LapointeÀ entendre ces témoignages sur la vie de Christiane, on y trouve un espace qui ne nous permet peut-être pas de comprendre la mort, mais de ne pas oublier que nous recevons la vie pour ce temps, comme un don, large s’il en est un, qui s’inscrit lui-même dans les limites de la mort. C’est la trajectoire qui marque chacune de nos vies. C’est nous souvenir que si nous sommes nés pour vivre, cette vie s’éteint pour ouvrir à un autre espace. Aujourd’hui nous célébrons la vie de Christiane et de son passage de l’autre côté. 

La lettre de Paul nous redit que « l’amour prend patience, l’amour rend service… l’amour ne disparaît jamais ». C’est le travail de chacune de nos vies. Et Christiane Sibillotte y croyait à cet amour et elle en vivait, convaincue que notre façon de vivre au quotidien doit être marquée par le souci de service. Oui, l’amour rend service. Cette affirmation de Paul rejoint, je crois, ce que Christiane Sibillotte, dans les meilleurs moments de sa vie, tentait de vivre.       

Ces passages nous rappellent que, sans l’amour, la vie perd son sens. Il est important de nous le redire : « L’amour ne passera jamais, il est éternel ». Malgré des difficultés que nous éprouvons tous dans nos vies, ces réflexions tentent d’ouvrir des chemins aux autres. N’est-ce pas dans ces moments de vie que l’Évangile traverse les personnes et nous rejoint. Christiane est une immense croyante qui a participé à la naissance et à la vie de cette communauté chrétienne dès ses débuts dans le années 60 et jusqu’à sa mort.

« Nous devons aimer non pas seulement avec des paroles mais dans des gestes vrais ». La vie de Jésus, ses gestes, sa façon de vivre au milieu des siens a été marquée par cette conviction : Il n’y a pas de vie qui vaille, sans que l’amour en manifeste le sens. La vie de Christiane Sibillotte a été marquée par l’amour. C’est, en quelque sorte, les traits de Dieu sur nos visages de femmes et d’hommes. L’amour vrai est la seule attitude qui peut nous soutenir dans l’espérance pour traverser la vie, pour traverser la mort. Celle qui nous a quittés était capable de vivre l’amour et le partage et ne pas uniquement penser à soi et à ramasser. Elle a tenté de semer l’amour dans bien des milieux et des engagements. Une de ses consœurs me disait : dans ses engagements, elle a semé des petites pouces vertes qui vont continuer de verdir et de reverdir. Christiane Sibillotte laisse des traces de vie et d’amour.     

Dans les derniers jours de sa vie, elle nous a invités à entrer en relation avec elle d’une manière différente, puisque lentement, les possibilités d’échanges se sont faites de plus en plus restreintes. Quand il y a moins de paroles, que le regard s’éteint, il ne reste que le respect du cheminement intérieur. La vie n’est pas perdue, elle est changée.        

Même à 101 ans, la mort est un dialogue interrompu, où on vit avec l’impression, difficile à porter, qu’on ne s’est pas tout dit. Avec le temps …— c’est là notre espérance — on sait que le dialogue reprendra lentement, mais avec encore moins de mots. La mort d’un proche nous montre un chemin à travers l’Évangile où Jésus nous dit : Je suis la résurrection et la vie. » Christiane Sibillotte est devenue un être d’éternité.    

C’est avec de la reconnaissance envers Dieu et dans le souvenir de celle qui nous a quittés, que nous sommes invités à partager le pain et la coupe en mémoire de Jésus et aussi en mémoire de Christiane. Partager le pain et la coupe, n’est-ce pas redire la vie, l’amour au cœur de la mort!         

Je termine cette homélie en lisant ce superbe poème de Saint-Jean de la croix :    

Ce qui se passera de l’autre côté, quand tout pour moi aura basculé dans l’Éternité…      

Je ne sais pas! Je crois, je crois seulement qu’un grand AMOUR m’attend.    

Je sais pourtant qu’alors, pauvre et dépouillée, je laisserai Dieu peser le poids de ma vie.

Mais ne pensez pas que je désespère. Non, je crois, je crois tellement qu’un grand AMOUR m’attend.          

C’est vers cet AMOUR que je marche en m’en allant,       

C’est dans un AMOUR que je tends les bras, c’est dans la Vie que je descends doucement          

Comme un enfant, je viens me jeter dans ton AMOUR, ton AMOUR qui m’attend.

    


       

OUVERTURE          

C’est toujours avec beaucoup de respect et de modestie, que je préside des funérailles. C’est le parcours de toute une vie, celle de Christiane Sibillotte, que, venant de tous horizons, nous sommes invités à célébrer le jour même de la fête de l’Épiphanie, fête de la lumière et d’ouverture de l’Évangile au monde entier. Nous sommes réunis pour nous souvenir…         

Christiane était une croyante profonde. Elle était une membre active de la communauté chrétienne qui se réunit dans cette église depuis la fin des années 60. Elle a travaillé à sa naissance et à son évolution dans un climat de grande liberté. Nous allons, cet après-midi, célébrer l’eucharistie comme elle l’a vécu tant de fois dans cette communauté.          

Prions :         

 

 

 

Communauté chrétienne Saint-Albert-Le-Grand de Montréal