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St Jean-Baptiste 2017

25 juin 2017

Isaïe 49, 1-6

Luc 1, 5-20.24

Luc 1, 57-66.80

Marcher, oser, renouveler

Guy Lapointe


La Saint Jean Baptiste, notre fête nationale… Hier, je sentais que beaucoup de personnes avaient le cœur à la fête.         

J’aime beaucoup ce type de célébration où nous nous sentons près de nos racines, de notre histoire et de l’Évangile, je l’espère. Une superbe litanie pour que nous nous souvenions des personnes et des groupes qui, à leur façon, ont fait notre histoire que nous sommes appelés à continuer; des personnes qui nous ont ouvert des chemins. On est appelé à bâtir, à prendre les risques de la vie, comme l’Évangile nous y invite.           

Guy LapointeNous avons entendu deux passages bibliques. D’abord, celui d’Isaïe: « Écoutez-moi, îles lointaines! Peuples éloignés, soyez attentifs… Et un peu plus loin : » Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la Terre». Avouez que ce sont de beaux passages. C’est un appel, au plus lointain, à devenir des personnes qui savent écouter, des personnes de lumière.

Le texte de l`Évangile, lui, nous annonce une naissance surprenante : Zacharie et Élisabeth qui, contre toute attente, vont mettre au monde un enfant. Ils étaient âgés, et à leurs yeux, l’avenir ne devait pas leur offrir une telle possibilité. Mais voilà qu’est survenu l’inconcevable : un fils. Par la naissance de cet enfant, l’Évangile nous rappelle que le dernier mot n’a pas encore été dit et qu’il est toujours à découvrir, si on reste ouvert à la vie.          

La signification des noms est importante. Zacharie signifie Dieu se souvient et Jean signifie Dieu fait grâce. Dieu ne nous oublie pas. Jean sera un ouvreur de chemins. C`est lui qui ouvrira la route à Jésus. Et, d’une certaine façon, toute cette dynamique de la vie qui invente des chemins nouveaux, on la retrouve dans la longue litanie de ceux et celles qui ont fait notre histoire et qui nous interpellent pour la continuer. Bâtir un monde nouveau. Il faut oser comme l’ont fait les premiers arrivants, ici, convaincus que Dieu se souvient, qu’il fait grâce et miséricorde.          

L’Évangile est un risque. Fêter, faire mémoire, c’est aller plus loin. C’est l’occasion pour faire une relecture plus juste de notre passé, de notre présent pour soutenir notre avenir. Il faut marcher. Oui, il faut également oser. Nos ancêtres se sont investis, ils ont fait vivre l’Évangile en tenant compte des situations diverses. L’Évangile est un lieu ouvert, un lieu risqué, un lieu qui accueille tous les croyants et même les non croyants.        

Oui, vivre c’est marcher comme l’a fait Jésus. C’est oser prendre des risques pour que nous travaillions à renouveler le monde, notre monde. Et c’est dans la marche que nous renouvelons la vie.

Aujourd’hui, la situation de notre vie de foi nous invite à un choix : celui d’accueillir notre héritage chrétien comme un don de Dieu et ré-ouvrir l’Évangile pour construire notre avenir en tant que société et communauté.     

Ou bien faire de l’expérience croyante une expérience plus individuelle¸ moins marquée dans les débats de société. C’est un choix que nous avons à faire et que nous aurons à vivre. Alors quel avenir préparons-nous? Comment habitons-nous et habiterons-nous notre héritage chrétien?           

Ce sont tant de questions que peut évoquer pour nous la fête de la St Jean Baptiste. Jean Baptiste qui a ouvert la voie à Jésus, qui se retire au désert pour écouter, réfléchir et préparer la venue de Jésus. Il a ouvert l’Évangile à tous jusqu’aux îles lointaines. Appeler les personnes, les groupes à ouvrir l’Évangile pour que le monde vive, pour éviter que l’Évangile ne s’enferme dans un cadre rigide, alors, qu’à la suite de Jean, Jésus nous dira qu’il est le visage de son Père et que c’est lui qui manifeste par sa façon de vivre la dimension humaine de la foi. Une foi en Dieu qui guérit les limites de notre humanité.      

Le pape François n’avait-il pas raison de voir l’humanité comme un immense hôpital où on est amené à prendre soin? L’Évangile nous invite à marcher, à oser, à renouveler, trois attitudes qui nous mettent souvent dans des situations pas toujours faciles. Marcher à la suite du Christ, marcher vers la vie, oser ouvrir l’Évangile pour renouveler notre vie et celles des autres, à la suite de ces hommes et ces femmes qui ont porté l’histoire avec leurs limites. Porter l’Évangile dans nos milieux pour faire de nous un peuple capable, même dans une situation sociale et religieuse difficile, de donner des signes d’Évangile pour faire naître la vie de foi. C’est ce que je nous souhaite en cette fête de la Saint Jean Baptiste.           

 

 

Communauté chrétienne Saint-Albert-Le-Grand de Montréal