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32e Dimanche du Temps Ordinaire

11 novembre 2018

Luc Chartrand

1Roi 17, 10-16

Marc 12, 38-44

 À partir de sa place… 

 

À la foule, Jésus adresse une mise en garde. Les scribes sont dans sa mire. Il les décrit comme des gens en quête d’une reconnaissance qui se manifeste de quatre manières différentes : des déplacements en vêtements d’apparat, une recherche des salutations sur les places publiques, les sièges d’honneur dans les synagogues et les places d’honneur dans les dîners. Ils sont préoccupés d’occuper des espaces qui les mettent en valeur. Ils agissent comme des gens qui n’ont pas confiance en eux, au point d’avoir besoin de recourir à des « artifices » pour occuper une place aux yeux des autres.      

Luc ChartrandLes observations partagées laissent entendre un malaise qui se confirme dans les remarques qui suivent, qui se veulent des critiques acerbes de leur comportement. Ces spécialistes de l’Écriture ne se gênent pas pour dévorer les biens des veuves. En revanche, ils font de longues prières, mais pour l’apparence. Ces deux comportements entraîneront des conséquences, selon l’affirmation de Jésus : « ils seront d’autant plus sérieusement jugés ». Déjà avant le jugement, il y a des répercussions dans leur quotidien. Leur compétence, reconnue en distorsion avec leurs actions, les oblige, en quelque sorte, à chercher des places qui viennent camoufler cette inadéquation de « spécialistes » de l’interprétation des Écritures et leur exploitation des personnes sans ressources adéquates pour assurer leur quotidien. Ils sont alors réduits à se mettre à mendier des endroits capables de leur assurer une reconnaissance, en raison de leur difficulté à adopter une action responsable en fonction de leur compétence reconnue.   

La foule quitte sa qualité d’interlocutrice de Jésus, pour devenir sujet d’observation, dans un endroit particulier, « dans le temple en face de la salle du trésor ». Cette nouvelle scène nous place devant une foule qui regroupe parmi ses membres une catégorie, certainement nombreuse, qualifiée de riche, associée à « de grosses sommes » d’argent. De cette foule se détache « une pauvre veuve » qui dépose « deux petites pièces de monnaie ».    

Les veuves, victimes des scribes, passent au rang de personnes sujettes à la reconnaissance de Jésus. C’est ainsi que ce matin, une « pauvre veuve » attire l’attention de Jésus, au point de devenir la source de paroles adressées aux disciples, qui révèlent le sens de l’action de cette dernière. Son geste s’inscrit dans une démarche de totalité. En effet, elle a mis « plus que tous les autres », car « tous les autres » ont pris sur leur superflu. Celle qui retient l’attention, en revanche, « a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre ». Son comportement est identique à celui de la veuve de Sarepta. Une femme, consciente de son total désœuvrement, au point d’envisager la mort pour elle et son fils. Toutefois, sur la foi de la seule parole du prophète Élie, « ... Mais d'abord cuis-moi une petite galette et apporte-la-moi; ensuite, tu en feras pour toi et ton fils ».       

La veuve de l’évangile d’aujourd’hui, comme celle de Sarepta, occupe une place assumée. Elle ne cherche pas à vouloir être ailleurs que dans la situation qui lui est propre. Elle donne « tout » ce qui constitue son avoir. Contrairement aux scribes, riches de leur savoir, qui exploitent les pauvres femmes, et qui cherchent à occuper des places qu’ils s’attribuent, la situation des deux femmes sans un mari leur fait occuper un espace vulnérable accepté et reconnu. Dans les deux cas, l’action est conforme à leur situation. Chaque veuve, à partir de sa place, peut avoir une action conforme à ses aspirations…            

Dans nos expériences de vies, nous pouvons attendre d’occuper une place « particulière », celle que nous envions, avant de passer à l’acte. Nous pouvons nous laisser impressionner par les tableaux d’honneur des grands donateurs, au point d’être réduits à l’inaction du geste de générosité selon la place que nos moyens nous imposent. La générosité inspirée par nos cœurs, celle qui y est déposée, peut à certaines heures devenir la quête d’une place afin de pouvoir « enfin » nous placer dans la logique du don. Le temps presse, le partage de quelques heures de notre temps pour venir en aide à l’autre, partager des connaissances, des habilités avec un groupe, ne peut attendre encore. C’est à partir de notre place, de ma place… que quelque chose est possible.      

 

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