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La Bible racontée
par Christine Mayr


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23e Dimanche du Temps Ordinaire (C)

4 septembre 2016

Yvon D. Gélinas

Luc 14, 25-33

Jusqu'au bout?

 

De grandes foules faisaient route avec Jésus. Ce n’est sans doute pas là de la part de l’évangéliste Luc une simple description d’un fait historique. Il y avait certainement des hommes et des femmes qui marchaient derrière Jésus, mais « les grandes foules », c’est un peu comme une vision prophétique : les hommes et les femmes de tous les temps et de tous les âges qui, alertés et interpellés par sa personnes et sa parole, s’engagent à la suite de Jésus. Nous sommes de ces foules.         

Jésus est devant nous, il ouvre la marche. Et voici qu’il se retourne vers nous et nous adresse une exhortation qui sonne gravement à nos oreilles, qui semble étonnamment radicale. Pour être vraiment mon disciple, il vous faut tout quitter de ce qui est le plus cher pour vous : les liens noués entre vos intimes les plus proches. Et puis il vous faut porter votre croix. Le message est clair. La marche à la suite de Jésus n’est pas, ne doit pas être vue comme une randonnée paisible passant par des chemins bucoliques et charmeurs. C’est une marche rude. Une marche qui prend source et origine d’un enthousiasme, de la découverte d’un sens possible. Une marche qui doit être prioritaire au cœur de l’être, au cœur de la vie. Comme une passion qui tient de l’absolu. Avant de l’entreprendre cette marche, il faut réfléchir : pourrons-nous tenir en cet engagement quand viendront les doutes, les exigences, les choix douloureux, peut-être encore les mépris des autres, leurs dérisions ? Et deux petites paraboles viennent préciser et éclairer ce dur enseignement. L’homme qui veut bâtir une tour, le roi qui va-t’en guerre. Retenons celle de l’homme qui bâtit une tour. Elle est plus proche de notre réalité.   

Avant d’entreprendre son ouvrage, le bâtisseur se doit de se poser quelques questions : A-t-il les moyens d’une telle entreprise ? Est-il capable de supporter les fatigues que ce projet va entrainer ? Ne va-t-il pas devoir abandonner avant d’atteindre le but fixé exposant son échec à la vue de tous ?

Bâtir une tour. C’est ce que nous envisageons tous de faire en nos vies et expériences. Rêves et projets d’avenir, plus fondamentalement, simple désir d’une vie normale, seul ou en couple, fonder une famille, ou encore travailler pour son propre épanouissement et le service des autres. Une réflexion essentielle : suis-je capable d’aller au bout de mon désir, d’y aller seul, sans aide extérieure ?   

Ce qui est mis en cause dans l’Évangile plonge encore plus profond en nous. Il s’agit d’une réponse à l’appel de Dieu par la parole transmise par Jésus. Un choix s’impose, « des » choix s’imposeront tout au long de notre marche, des coups durs vont se présenter. Il ne s’agit pas d’exagérer les obstacles possibles mais de poser un regard lucide sur la réalité. Il ne s’agit pas de renoncer à un enthousiasme de départ mais de faire mûrir en quelque sorte cet enthousiasme.   

Allons-nous tout de suite abandonner tout désir d’engagement à la suite de Jésus sans se dire qu’il y a des étapes à franchir, que tout n’est pas donnée, n’arrive pas d’un seul coup ? Autre considération, souvent proposée sans trop tenir compte de l’ensemble du message évangélique : la marche à la suite de Jésus serait-elle réservée à une élite ou encore seulement à quelques fous de l’absolu ?           

N’oublions pas le geste de Jésus au début de ce récit évangélique. Il est là devant nous, il se retourne vers nous. C’est à la suite de celui qui se présente en tête de la marche, celui qui est le guide, le modèle de tous les marcheurs, et tellement plus qu’un guide ou un modèle. Celui qui a fait avant nous les choix radicaux dans sa conformité à la volonté du Père, celui qui a littéralement porté sa croix. Il l’a fait pour partager notre condition, pour nous dire qu’après lui, à sa suite la marche est possible. S’interroger sur la place que nous accordons à la parole de Dieu en nos vies, sur nos priorités en fonction de cette adhésion à un projet de vie, cela est nécessaire. Comme est nécessaire aussi de bien voir que nous ne sommes plus seuls en une telle démarche. Il l’a fait avant nous et pour nous cette marche. Il est notre appui, celui qui nous invite à la patience, à son exemple, devant nos lenteurs et nos fragilités. Seuls, le projet est vraiment celui de qui de manière étourdie se lance dans la construction d’une tour. Avec lui, tout prend une autre allure et voit s’ouvrir bien des forces et des lumières sur nos pas.

Reprenons en terminant ce que nous disait le Livre de la Sagesse au début de notre célébration. Les réflexions des mortels sont incertaines, et nos pensées instables… Et qui aurait connu ta volonté, si tu n’avais pas donné la Sagesse et envoyé d’en haut ton Esprit Saint ? La Sagesse a pour nous un visage, celui de Jésus, Christ, né du Père et de l’Esprit.  

 

 

 

Silence Prière Musique du 13 octobre 2016

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