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20e Dimanche du Temps Ordinaire

18 août 2019

Jr 15, 10; 38, 4-6, 8-10       Lc 12, 49-53

 

Accepter une foi qui divise?   

André Descôteaux 

        
« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. » Il y a une dizaine de jours, l’animateur Stéphane Bureau recevait à son émission ‘Bien entendu’ deux jeunes religieuses. Il André Descôteauxcherchait à comprendre les motivations de ces jeunes femmes même si, comme il le disait lui-même, il était éloigné du monde de la foi. Quoiqu’il n’en maîtrisât pas le vocabulaire, l’entrevue s’est très bien déroulée. Cependant, elle a suscité plusieurs réactions négatives au point que deux jours plus tard, il a décidé d’en partager quelques-unes sur les ondes. J’en ai transcrit une :  
        
« C’est la première fois de ma vie que j’écris à une émission pour me plaindre du contenu. Les deux jeunes religieuses invitées ce matin… sonnent plus comme des schizophrènes qui nous partagent leurs folies et leurs mensonges que comme des invités crédibles et dignes d’une radio d’état. »      
        
Réaction forte, mais qu’on peut toujours essayer d’expliquer, ou du moins de comprendre. Toute la question du rapport entre le catholicisme et la société québécoise est tellement complexe. Combien de personnes ont été victimes de l’intransigeance du clergé, des religieux ou des religieuses! Il faut bien le reconnaître : plusieurs des critiques adressées à l’Église sont au moins partiellement fondées.        
        
Pourtant, j’ai l’impression que même si l’Église était parfaite, les choses n’iraient pas de soi. Elle susciterait toujours de vives oppositions. Ce matin, nous entendons Jésus parler de son baptême. Nous savons de quoi il s’agit. Il a été plongé dans les ténèbres de la haine et de la mort pour en ressortir vivant et victorieux. Lui, le prophète de la paix, lui qui appelait à la miséricorde et qui allait vers les blessés de la vie pour qu’ils soient libérés et qu’ils connaissent la joie d’être enfants de Dieu. Lui, le messager idéal de la Bonne Nouvelle, a été rejeté et victime d’un des châtiments les plus cruels qui soit: la croix.  
        
Le sort de Jésus aura été celui du baptiste et de ce pauvre Jérémie. « Que cet homme soit mis à mort! » Le prophète, qui osait dire à son peuple la vérité et annoncer l’impasse où le conduirait son attitude idolâtrique, sera sauvé grâce à l’intervention d’un étranger auprès du roi pour le sortir de la citerne. Peuple à la nuque raide qui n’honore Dieu que des lèvres alors que son cœur est loin de lui (Mt 15, 8)! Malheureusement, cette tragédie se poursuit aujourd’hui.
        
Notre histoire récente foisonne d’exemples de prophètes de la paix et de témoins de l’Évangile supprimés. Je pense ici à Martin Luther King, au pasteur Dietrich Bonhoeffer et à tous ces chrétiens et chrétiennes d’Amérique du Sud, défenseurs de la dignité humaine et de la justice, qui ont été arrêtés, torturés, assassinés ou qui sont mystérieusement disparus.  
        
Pourquoi la Bonne Nouvelle est-elle si mal accueillie ? Pourquoi nul n’est prophète en son pays ? Pourquoi cette résistance à la paix ? Dieu nous offre un élément de réponse par la bouche de son prophète Jérémie : « le cœur de l’être humain est compliqué et malade! » Cela est vrai de tous, opposants à la foi, indifférents et croyants. Tous, nous avons un cœur compliqué et malade. Tous, nous avons nos zones de résistance! 
        
Que faire? Appeler le feu ? « Je suis venu apporter un feu sur la terre », nous dit Jésus. Comme ce feu que les apôtres Jacques et Jean voulaient faire tomber sur les Samaritains qui refusaient d’accueillir Jésus ? Ou encore comme ce feu destructeur annoncé par Jean Baptiste, un feu vengeur qui consumerait les méchants et sauverait les justes ? Celui-ci peut attendre le jugement dernier! Le feu du Christ est le feu de l’amour, le feu de l’Esprit! C’est l’Esprit qu’il répand, selon l’évangéliste Jean, du haut de la croix quand il expire et qui est manifesté, chez Luc, au jour de la Pentecôte, par les langues de feu. Un esprit de pardon, de paix et de réconciliation. Un esprit qui rapproche les hommes et les femmes, quelles que soient leurs langues ou leurs origines. Un esprit qui change le cœur de pierre de l’être humain en un cœur de chair capable d’aimer. Un esprit qui fait de tous, quels qu’ils soient, des fils et des filles de Dieu et les transforme en artisans de paix et de justice. Un esprit qui rend des apôtres apeurés capables de témoigner non seulement par leur parole, mais aussi par leur vie de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. Mais ce feu de l’Esprit est aussi un feu qui purifie, un feu qui consume des résistances et un feu qui conduit sur le chemin exigeant de la conversion.   
        
Vivre de l’évangile ça n’a rien de fleur bleue. Paul Claudel met en garde : « L’Évangile est du sel, n’en faites pas du sucre! ». Vivre de l’Évangile, c’est entrer dans le combat du Christ pour l’être humain, pour la libération de tout homme et de tout l’homme, comme disait Paul VI. Cela n’ira jamais de soi. Malheureusement, les familles seront divisées, comme elles l’étaient au moment où Luc écrivit son Évangile. Voilà pourquoi il nous faut, comme il est écrit dans la lettre aux Hébreux, « méditer l’exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité » non seulement pour ne pas nous décourager mais pour réagir comme le Christ. Non par le feu qui détruit, mais par le feu de l’amour. Non par les fausses compromissions, mais par la vérité de notre parole et l’authenticité de notre vie. Non par le consensus apeuré et mou, mais par le courage du dialogue sincère. Et, toujours par la confiance en la puissance de l’Évangile et l’espérance en la possibilité pour notre frère ou notre sœur à se laisser embraser par l’Esprit du Ressuscité. Évidemment, toujours aussi par la prière et, plus souvent qu’on ne le pense, par le silence.         
        
Alors que nous partagerons le pain et le vin comme le Seigneur nous a dit de le faire, la veille du jour où il plongea dans son baptême, « qu’il allume en nos cœurs quelque chose de vrai, quelque chose que rien ne puisse éteindre : […] quelque chose de brûlant et d’indomptable, quelque chose d’humble et de doux, quelque chose qui vienne de Lui » (Voir Chevignard ) pour que nos cœurs soient brûlés de son feu et qu’ils soient habités de sa paix au cœur de toutes nos divisions. Amen.        

B.M. Chevignard. La doctrine spirituelle de l’Évangile (Foi vivante, 4) Paris, 1965, pp. 132-134.       

 


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